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Notes de Lecture

Soif

| 26 10 1999

La trilogie du désert

Shulamith Hareven, traduit de l’hébreu par Arlette Pierrot, 249 pages, 1999, Editions Metropolis (case postale 211, 1211 Genève)

Ce livre reprend le fil de l’histoire de la sortie d’Egypte, de l’exode et de l’arrivée en Canaan, mais « vue par la base », les gens du peuple, dans « le silence de Dieu » selon l’auteur. Dans « Il détestait les miracles », c’est l’humiliation d’une vie d’esclave puis l’ivresse et la solitude du désert : « … ils s’échappaient des terres habitées des terres habitées du pays d’Egypte et rejoignaient ceux qui les avaient précédés. » … Ils fuient le joug de l’esclavage et découvrent qu’ « une liberté prodigieuse, immense, au-delà de la mesure humaine flottait dans l’air. Il n’y avait pas d’ordre du jour, il semblait qu’il n’y avait pas d’ordre du monde. (…) il n’y avait ni maître, ni esclave, seulement le désert… » La loi imprègne lentement leurs esprits dans l’immobilité du temps, au fil des générations. Dans « Le prophète », les Gabaonites attendent, enfermés dans leur cité, cet ennemi invisible et ils ont peur. Un peu comme dans « Le désert des Tartares » ou « La peste » Enfin, dans « Après l’enfance », nous suivons une magnifique histoire d’amour et de retour au désert. L’auteur a une écriture âpre, sèche, rapide, qui décrit admirablement ces ambiances d’antiques commencements ; décernons aussi une mention spéciale pour le traducteur qui a restitué cette langue superbe.

AR
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