Ecrits des Membres
La Belgique, j y tiens !
Le Soir du 21 septembre 2007
LA BELGIQUE, J´Y TIENS !
De mon lieu de vacances où je lisais Le Soir chaque jour - au passage, merci à la rédaction pour ce graphisme en mouvement et l´inventivité déployée cet été, votre verve a nourri ma Belgitude mise a mal par les jeux politiques d´esprit bacs à sable - j´ai suivi les événements comme on lit un roman policier et mes sentiments ont évolue tout au long de la crise.
À mon retour au pays, fin août, j´ai pensé : cela suffit. Les Flamands ne veulent pas de la Belgique ? Qu´à cela ne tienne, nous, on la gardera, la Belgique, réduite, francophone, Wallons et Bruxellois unis, avec notre Roi. J´étais d´accord de donner 10 % de mes revenus pour aider les Wallons a s´en sortir, attendant le même effort de la part de mes compatriotes, y compris du Roi.
Mais, à la faveur d´une fête de famille pour laquelle la branche parisienne a fait le déplacement, une vive admiration pour Bruxelles, si belle, si attractive, si dynamique, s´exprimait avec force de la part de ces Parisiens toujours enclins a vanter, en priorité, leur ville-lumière. Ce séduisant visage de notre capitale c´est aussi aux Flamands, à leur énergie créatrice, que nous le devons. Bruxelles palpite de vie. Multicolore, multiculturelle, multi-sensible, multilingue...
Bruxelles est la capitale généreuse de tous les talents qui veulent s´y épanouir. Alors, Messieurs les politiques, débrouillez-vous, soyez imaginatifs et rappelez-vous que la Belgique, on y tient. Je ne promets pas que j´apprendrai le flamand. En fait, je l´ai appris mais à force de ne jamais le pratiquer ici a Bruxelles, je l´ai presque oublié. D´ailleurs - puis-je l´avouer ? - la langue française règne sur mon coeur de manière quasi exclusive.
Parler français tout en gardant les Flamands ? Oui parce que les Flamands sont nos amis, nos frères. Parce que la Belgique leur est autant redevable qu´aux francophones. Parce que nos destins sont inextricablement liés. Qu´un rapport dialectique nous unit, fondant la nécessaire complémentarité de Bruxelles. Le chemin sera sans doute douloureux, expose aux appetits de politiciens nationalistes et bornes. Peut-être, chers concitoyens, sommes-nous condamnés a vivre ces conflits de manière récurrente. Nos caractères débonnaires et pacifiques devront s´en accorder. Nous avons intérêt à être représentés par de fins et habiles négociateurs. Vite, une école de la fonction publique, de la formation citoyenne et de la responsabilité politique. Vite, de grands hommes politiques et donc des débats de qualité. Des politiques qui aident à vivre mieux, sans palabres d´ordre linguistique, sans nuisances sonores aériennes a Bruxelles, sans arrières judiciaires qui sont aussi des arrières d´organisation et de gestion, sans pollution...
Des politiques qui s´occupent des vrais problèmes, avec une vraie gestion environnementale. Un projet de ville conviviale, a vocation internationale qui assume son destin européen. Une ville qui soit un vivier d´initiatives artistiques, culturelles et économiques qui embellissent la vie.
SARA BRAJBART-ZAJTMAN (BRUXELLES)
News 