Ecrits des Membres
A propos d’un texte de l’évêque de Metz
Dans son numéro 2289 du 6 avril 2003, la Documentation Catholique a publié un article de Mgr Pierre RAFFIN, évêque de Metz, paru précédemment dans Église de Metz du 2 février 2003.
Dans son numéro 2289 du 6 avril 2003, la Documentation Catholique a publié un article de Mgr Pierre RAFFIN, évêque de Metz, paru précédemment dans Église de Metz du 2 février 2003. Titré « Le salut vient des Juifs » (citation de l’évangile de Jean, chap. 4, 22), ce texte constitue pour l’essentiel une réflexion scripturaire et théologique sur les racines juives du christianisme. Sur ce plan, il ne me semble guère critiquable. Mais l’auteur – qui introduisait son article par une mise en perspective assez générale de la situation en Palestine et des relations judéo-chrétiennes – croit bon de le conclure par quelques paragraphes sur l’Etat d’Israël. Pour brefs qu’ils soient, ils laissent penser que Mgr RAFFIN, au delà des circonstances politiques actuelles, met en question la légitimité même de l’Etat d’Israël. Il m’a semblé que je ne pouvais pas passer outre sans réagir. Voici donc les pièces du débat : 1°/ Les paragraphes incriminés, de la fin de l’article de Mgr RAFFIN. 2°/ Ma lettre du 5 mai à Mgr RAFFIN. 3°/ Sa réponse, du 12 mai. 4°/ Ma réaction, du 21 mai, à sa réponse.
Il1. Finale de l’article « Le salut vient des Juifs », par Mgr Pierre RAFFIN
Un État ne peut fonder son existence sur l'exclusion d'un peuple
Même si, depuis cette assemblée (ndlr : L'assemblée de Jérusalem qui consacrera l'entrée des païens dans l'Église), les usages juifs ne sauraient être imposés aux croyants issus du paganisme (Ac 15, 28), les juifs n'en restent pas moins pour eux leurs frères aînés, selon l'expression de Jean-Paul II. Certains de ces frères aînés ont déjà adhéré au Christ, mais les autres qui refusent, répétons-le, demeurent les élus de Dieu. Le judaïsme occupe de ce fait une place particulière et unique dans le dialogue interreligieux. La mission de l'Église aujourd'hui, c'est de proposer la foi à toutes les nations et à toutes les cultures du monde, mais sans oublier les liens privilégiés qui continuent de l'unir au peuple juif.
Un État ne peut fonder son existence sur l'exclusion d'un peuple
Même si, depuis cette assemblée (ndlr : L'assemblée de Jérusalem qui consacrera l'entrée des païens dans l'Église), les usages juifs ne sauraient être imposés aux croyants issus du paganisme (Ac 15, 28), les juifs n'en restent pas moins pour eux leurs frères aînés, selon l'expression de Jean-Paul II. Certains de ces frères aînés ont déjà adhéré au Christ, mais les autres qui refusent, répétons-le, demeurent les élus de Dieu. Le judaïsme occupe de ce fait une place particulière et unique dans le dialogue interreligieux. La mission de l'Église aujourd'hui, c'est de proposer la foi à toutes les nations et à toutes les cultures du monde, mais sans oublier les liens privilégiés qui continuent de l'unir au peuple juif.
Depuis la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains, le peuple d'Israël vit une situation de diaspora, il n'a plus de terre et la terre promise historique sera en vingt siècles habitée par une succession impressionnante de peuples différents. Cette situation de diaspora entraînera pour le peuple juif bien des persécutions, y compris de la part des chrétiens ignorant le véritable enseignement de l'Écriture. Le summum de cette persécution fut sans doute, à l'époque contemporaine, la volonté de l'idéologie nazie d'exterminer Israël : la shoah. Par leur silence, des chrétiens se sont fait parfois complices de la shoah, ainsi que l'ont clairement reconnu les actes de repentance de l'Année jubilaire, et certains en gardent un complexe de culpabilité.
À l'époque contemporaine également, des juifs ont voulu recouvrer leur terre en faisant valoir leurs droits à la propriété de la Terre promise occupée depuis des siècles par d'autres peuples. C'est cette revendication qui est à l'origine de l'État d'Israël et des inextricables difficultés politiques de la Terre Sainte. Pour recouvrer leur terre, les Israéliens n'ont pas hésité à faire la guerre et à en chasser les occupants légitimes. Est-il acceptable qu'à cause de l'élection divine, un peuple revendique une terre qu'il a perdue depuis près de deux mille ans et qu'il en chasse par les armes ses occupants ? Les Palestiniens sont depuis plus de cinquante ans les victimes malheureuses du Sionisme : tant ceux qui sont en Terre Sainte que ceux qui peuplent les camps de réfugiés du Liban ou d'ailleurs.
Autant nous devons respecter le peuple juif et le considérer comme notre frère aîné, autant nous ne pouvons admettre l'existence d'un État fondé sur l'exclusion d'un autre peuple. On ne saurait contester à Israël le droit de vivre en paix et en sécurité sur une terre, mais ce droit doit être le même pour ceux qui ont été injustement exclus d'une terre qui était devenue la leur.
J
J
'attends pour ma part de nos frères aînés qu'ils me fassent l'honneur de croire qu'on peut les aimer en vérité tout en s'opposant à la politique de l'État d'Israël.
2. Ma lettre du 5 mai 2003 à Mgr RAFFIN
Monseigneur,
Particulièrement attentif à la manière dont les chrétiens s’expriment par rapport à Israël, j’ai eu l’attention attirée, en parcourant la Documentation Catholique du 6 avril, par un article de vous intitulé « Le salut vient des juifs » (Jn 4,22).
Particulièrement attentif à la manière dont les chrétiens s’expriment par rapport à Israël, j’ai eu l’attention attirée, en parcourant la Documentation Catholique du 6 avril, par un article de vous intitulé « Le salut vient des juifs » (Jn 4,22).
Je souscris sans problème à l’essentiel de ce texte, mais, lorsque je lis les derniers paragraphes, j’éprouve un réel malaise. J’ose espérer qu’il tient à une mauvaise compréhension de ce que vous écrivez. Je crains cependant, si c’est le cas, que d’autres lecteurs puissent réagir comme moi. Inutile de dire que, sur des questions aussi sensibles et délicates, tous les mots ont leur importance. C’est pourquoi il me semble qu’une clarification s’impose.
Vous écrivez en effet : « Autant nous devons respecter le peuple juif et le considérer comme notre frère aîné, autant nous ne pouvons admettre l’existence(souligné par moi) d’un Etat fondé sur l’exclusion d’un autre peuple ». J’ai beau lire et relire cette phrase, comment la comprendre autrement que signifiant ceci : « L’Etat d’Israël n’a pas le droit d’exister » ? Il est vrai que vous ajoutez : « On ne saurait contester à Israël le droit de vivre en paix et en sécurité sur une(souligné par moi) terre… », mais le caractère indéfini de ce « une » peut ouvrir la porte à toutes les suppositions.
L’Etat d’Israël trouve sa légitimité dans des accords internationaux et dans la reconnaissance d’un très grand nombre d’Etats, au nombre desquels le Vatican. Pourtant, je suis convaincu que plus d’un lecteur comprendra votre texte comme signifiant que vous êtes opposé à l’existence même de l’Etat d’Israël, et pas seulement, comme je suppose que c’est le cas, que vous revendiquez pour les habitants arabes de Palestine le droit de vivre sur leur terre dans un Etat qui soit le leur.
C
C
ette impression d’hostilité radicale envers l’Etat d’Israël est renforcée par au moins deux autres affirmations de votre texte. Vous écrivez, en effet, tout d’abord: « Pour recouvrer leur terre, les Israéliens n’ont pas hésité à faire la guerre et à en chasser les occupants légitimes ».
Cette présentation des événements qui ont donné naissance à l’Etat d’Israël n’est-elle pas pour le moins simpliste ?
Pour le dire en quelques mots : 1°/il y a toujours (entendez depuis la chute de Jérusalem en 70) eu des Juifs en Palestine (en 1892, les Juifs représentent 62 % de la population de Jérusalem). 2°/ Le mouvement sioniste est apparu au XIXe siècle, en même temps que les autres mouvements nationaux un peu partout dans le monde. L’immigration juive en Palestine s’est largement développée dès cette époque. 3°/ Même si des violences et des combats ont marqué la période qui a précédé la proclamation de l’Etat d’Israël, la guerre a été, aussitôt après cette proclamation, déclenchée par l’ensemble des pays arabes environnants. Cet état d’hostilité est, depuis, subi par Israël de manière quasi-permanente. Lorsqu’un pays arabe, comme l’Egypte de Sadate, a accepté la paix, Israël s’est entièrement retiré des territoires qu’il occupait. 4°/ Le maintien de populations palestiniennes dans des camps de réfugiés résulte d’une volonté politique des pays arabes, et l’UNWRA, pour sa part, n’a rien fait pour améliorer cette situation. Au fait, pourquoi ne trouvait-on rien à redire lorsque les territoires où se situent les camps étaient occupés par l’Egypte et par la Jordanie ? 5°/ L’occupation actuelle, par Israël, d’une grande partie des territoires de Cisjordanie et de la Bande de Gaza est pour une bonne part – faut-il le rappeler – une réoccupation consécutive à l’intifada meurtrière déclenchée fin 2000, qui avait été précédée, en application des accords d’Oslo, d’un retrait d’une partie significative des territoires. Compte tenu de tout ce qui précède, il n’est donc pas juste d’écrire, sans plus, que ce sont les Israéliens qui ont « fait la guerre ».
Pour le dire en quelques mots : 1°/il y a toujours (entendez depuis la chute de Jérusalem en 70) eu des Juifs en Palestine (en 1892, les Juifs représentent 62 % de la population de Jérusalem). 2°/ Le mouvement sioniste est apparu au XIXe siècle, en même temps que les autres mouvements nationaux un peu partout dans le monde. L’immigration juive en Palestine s’est largement développée dès cette époque. 3°/ Même si des violences et des combats ont marqué la période qui a précédé la proclamation de l’Etat d’Israël, la guerre a été, aussitôt après cette proclamation, déclenchée par l’ensemble des pays arabes environnants. Cet état d’hostilité est, depuis, subi par Israël de manière quasi-permanente. Lorsqu’un pays arabe, comme l’Egypte de Sadate, a accepté la paix, Israël s’est entièrement retiré des territoires qu’il occupait. 4°/ Le maintien de populations palestiniennes dans des camps de réfugiés résulte d’une volonté politique des pays arabes, et l’UNWRA, pour sa part, n’a rien fait pour améliorer cette situation. Au fait, pourquoi ne trouvait-on rien à redire lorsque les territoires où se situent les camps étaient occupés par l’Egypte et par la Jordanie ? 5°/ L’occupation actuelle, par Israël, d’une grande partie des territoires de Cisjordanie et de la Bande de Gaza est pour une bonne part – faut-il le rappeler – une réoccupation consécutive à l’intifada meurtrière déclenchée fin 2000, qui avait été précédée, en application des accords d’Oslo, d’un retrait d’une partie significative des territoires. Compte tenu de tout ce qui précède, il n’est donc pas juste d’écrire, sans plus, que ce sont les Israéliens qui ont « fait la guerre ».
Enfin, peut-on aborder les relations israélo-palestiniennes en faisant l’impasse sur l’inhumanité des attentats suicides, la cruauté de l’éducation d’une jeunesse palestinienne tournée vers la mort et, plus généralement, la sacralisation de la mort dans des pans entiers de la société palestinienne ?
D’autre part, vous concluez votre texte par ceci : « J’attends pour ma part de nos frères aînés qu’ils me fassent l’honneur de croire qu’on peut les aimer en vérité tout en s’opposant à la politique de l’Etat(souligné par moi) d’Israël ». En stigmatisant l’Etat et non le gouvernement, vous laissez supposer que votre opposition n’est pas motivée par tel ou tel choix politique ou stratégique, mais qu’elle touche l’Etat dans sa nature elle-même, et donc, forcément, dans son existence.
Voilà, Monseigneur, la lecture qui peut, me semble-t-il, être faite de votre article, qui contribuerait ainsi à renforcer la « diabolisation » d’Israël, si fréquente dans les médias. C’est pourquoi je pense qu’une mise au point serait bienvenue. Dans ce sens, puis-je me permettre de vous rappeler un passage du Message aux catholiques de France publié le 1er janvier 2003 par Mgr Jean-Pierre Ricard, Président de la Conférence des Evêques de France (La Documentation Catholique, n° 2284 du 19 janvier 2003, p. 108-109) au retour d’un voyage en Terre Sainte ? « Après avoir écouté les uns et les autres, nous avons mieux perçu que les réalités étaient très complexes. Ne tombez pas dans des analyses trop simplistes ou dans des partis pris. Ils durcissent les cœurs, empêchent le dialogue vrai et la recherche de solutions durables ».
Soyez assuré, Monseigneur,…
Soyez assuré, Monseigneur,…
3. Réponse de Mgr RAFFIN, en date du 12 mai 2003
Mon Père,
Votre acharnement à défendre à tout prix ce qui ne peut l’être me surprend. Il témoigne, me semble-t-il, d’un parti-pris assez répandu aujourd’hui et qui revient à confondre le gouvernement de l’Etat d’Israël et le peuple juif, de sorte qu’il devient impossible d’adresser le moindre reproche à l’un sans se voir accusé de vouloir anéantir l’autre.
Votre acharnement à défendre à tout prix ce qui ne peut l’être me surprend. Il témoigne, me semble-t-il, d’un parti-pris assez répandu aujourd’hui et qui revient à confondre le gouvernement de l’Etat d’Israël et le peuple juif, de sorte qu’il devient impossible d’adresser le moindre reproche à l’un sans se voir accusé de vouloir anéantir l’autre.
Le texte que vous avez lu dans la Documentation Catholique et qui provoque chez vous une irritation que je trouve hors de propos, avait des visées pastorales. Il s’agissait d’éclairer le discernement et la foi des catholiques de mon diocèse, après les fêtes de Noël et à partir des textes qu’ils avaient pu entendre dans les célébrations de cette période liturgique, bref, de les aider à comprendre chrétiennement les événements auxquels nous assistons, compte tenu du fait que la Moselle abrite une importante minorité arabo-musulmane. Il n’était pas question d’élaborer un précis de géo-politique, avec toutes les nuances et les précisions qu’un travail de ce genre impliquerait. Vous en apportez quelques-unes, intéressantes, certes, mais sur lesquelles je ne pouvais insister.
Je ne dénie pas à Israël le droit de vivre en paix sur une terre, mais je conteste la manière violente selon laquelle s’est constitué l’Etat d’Israël, notamment au moment de la guerre des six jours. Avez-vous déjà visité les camps palestiniens du Liban ? moi oui et à plusieurs reprises. Vous en connaissez l’origine et vous savez sans doute aussi la force de déstabilisation qu’ils représentent pour un pays comme le Liban. A qui la faute ?
Soyez assuré, Père,…
Soyez assuré, Père,…
4. Ma réaction, du 21 mai 2003, à la réponse de Mgr RAFFIN
Monseigneur,
Bien conscient du fait qu’il ne serait ni utile ni convenable d’entretenir avec vous une polémique, et au risque d’apparaître comme faisant preuve d’« acharnement », permettez-moi de répondre encore à votre lettre du 12 mai 2003 (E/2003/202).
Bien conscient du fait qu’il ne serait ni utile ni convenable d’entretenir avec vous une polémique, et au risque d’apparaître comme faisant preuve d’« acharnement », permettez-moi de répondre encore à votre lettre du 12 mai 2003 (E/2003/202).
Vous me prêtez le « parti-pris » consistant à « confondre le gouvernement de l’Etat d’Israël et le peuple juif, de sorte qu’il devient impossible d’adresser le moindre reproche à l’un sans se voir accusé de vouloir anéantir l’autre ». Soyez assuré que, si les reproches qui constituent la conclusion de votre texte publié par la Documentation Catholique, avaient été adressés au gouvernement d’Israël, je n’aurais pas jugé nécessaire de réagir.
Mais non – et votre réponse le confirme – c’est bien l’Etat d’Israël, comme tel, que vous réprouvez, en raison de « la manière violente selon laquelle » cet Etat se serait constitué, étant entendu que, si je comprends bien votre point de vue, la violence serait le fait des seuls Juifs ou, du moins que la responsabilité, pour l’essentiel, leur en incomberait.
Connaissez-vous beaucoup d’Etats-nations dont l’émergence n’ait pas donné lieu à des violences ? Va-t-on le leur reprocher pendant des siècles ? La République française elle-même a-elle été enfantée sur un mode irénique ? En outre, pour en revenir à Israël, quelles sont donc les circonstances internationales qui ont préludé à la guerre des six jours, que vous évoquez ? Israël en portait-il la responsabilité ? Et, pour remonter vingt ans plus tôt, d’où est partie l’initiative des hostilités en 1948 ? Le partage de la Palestine décidé par les Nations Unies était-il un acte violent ?
Où Israël peut-il aller chercher la terre – « une terre » – sur laquelle vous voulez bien lui concéder le droit de vivre en paix ? Et où donc devaient aller les dizaines de milliers de Juifs que les pays arabes ont proprement expulsés ?
Quant aux camps de réfugiés palestiniens ? Ne sont-ils pas plutôt la honte des Etats arabes ? Certes, il n’est pas contestable qu’Israël ait chassé des Palestiniens de leurs terres. Il est tout aussi patent que la grande majorité des Palestiniens ont quitté leurs villages sous la pression des Etats arabes coalisés, avec l’assurance de pouvoir revenir très vite, dès que l’« ennemi sioniste » aurait été anéanti. Ce sont eux aussi qui croupissent aujourd’hui dans les camps de réfugiés des pays limitrophes. Et les camps du Liban ? « A qui la faute ? », demandez-vous. N’est-ce pas la Jordanie qui les a peuplés, après avoir massacré quelques dizaines de milliers de Palestiniens (« septembre noir ») ? Au fait, pourquoi l’occupation du Liban par des dizaines de milliers de militaire syriens dérange-t-elle si peu ?
Vous situez le contexte de votre document et sa visée pastorale, et vous dites n’avoir pas pu aborder la question avec toutes les nuances nécessaires. Fallait-il alors simplement l’aborder ? La réflexion scripturaire et théologique qui constitue l’essentiel de votre texte ne suffisait-elle pas ? Car aborder un tel sujet ne peut – au risque de jeter de l’huile sur le feu – se faire sans nuances. Je trouve cela profondément regrettable.
Soyez assuré, Monseigneur,…
Soyez assuré, Monseigneur,…
P. André Brombart
<andre.brombart@tiscali.be>
<andre.brombart@tiscali.be>
News 